La comparaison commence presque toujours par un tableau, et c'est le tableau qui la fait échouer. On met les fonctionnalités d'un côté, celles de l'autre, on regarde lequel en aligne le plus, et on obtient un classement qui ne signifie rien parce que les deux outils ne produisent pas la même chose. Autant demander si une campagne publicitaire vaut mieux qu'un fichier client.
Au bout de six mois d'automatisation, un compte se pose plutôt une question d'un autre genre, et elle tient en une phrase : à quel moment exact mon outil a-t-il fini son travail, et qu'est-ce qui arrive aux gens après ce moment.
C'est à celle-là que cet article répond. L'inventaire des qualités et des limites de ManyChat existe déjà dans notre article consacré à ManyChat, son avis et son alternative, et si c'est le motif de départ qui t'intéresse, nous l'avons traité dans quitter ManyChat et ce qu'on perd en partant. Ici, il ne s'agit que de la frontière.
Les deux outils ne se mesurent pas dans la même unité
ManyChat facture au contact actif, c'est-à-dire à la personne qui a interagi avec ton compte pendant le mois écoulé, et ce choix raconte son métier mieux qu'une page de fonctionnalités : un outil payé pour faire entrer des gens est logiquement payé à l'entrée.
Sa grille ne sera pas reproduite ici, et la raison vaut d'être dite. Les montants qu'on trouve en ligne sortent pour la plupart de sites édités par des concurrents directs, ils ne s'accordent pas entre eux, et l'éditeur a changé de modèle en cours d'année, si bien que plusieurs grilles coexistent selon l'ancienneté du compte. Le seul endroit où lire un prix juste est la page tarifs de ManyChat, et c'est celui qu'il faut ouvrir avant de signer.
Ficiel se facture au forfait, pour la raison symétrique : son travail ne commence pas à l'entrée. L'offre Essentiel est à 117 € par mois après 10 jours d'essai, quel que soit le nombre de personnes qui t'écrivent, parce que le volume entrant n'est pas ce que l'outil fabrique. Ce qu'il fabrique, ce sont des conversations rouvertes.
Cette différence d'unité se voit dans les deux sens. Le mois où une vidéo dépasse sa zone habituelle, une facture indexée sur l'entrée grimpe alors qu'un forfait ne bouge pas, et c'est l'argument qu'on entend le plus souvent. L'autre sens existe aussi : un compte qui distribue un lien à des milliers de personnes chaque semaine tire des outils de scénarios un rendement qu'aucune boîte de réception augmentée ne lui donnera.
Le moment où l'un s'arrête et l'autre commence
Cette frontière ne dépend d'aucun des deux éditeurs, et c'est ce qui la rend intéressante.
Quelqu'un commente un mot sous ta publication, le message privé part avec le lien promis, et la mécanique a fait exactement ce qu'on attendait d'elle. Ensuite, la documentation de Meta sur les réponses privées encadre tout : un seul message peut être envoyé à la personne qui a commenté, il doit partir dans les sept jours, et un deuxième n'est permis que si elle répond d'abord, dans les vingt-quatre heures qui suivent sa réponse. Sur un direct, la fenêtre se limite à la durée de la diffusion.
La règle générale va dans le même sens. La politique de messagerie de Meta accorde à une entreprise un délai pour répondre après un geste de la personne, et précise que pour la plupart de ces gestes il dure vingt-quatre heures, contenu promotionnel permis. Au-delà, il ne reste que des cas nommés et approuvés. Un détail de cette politique mérite d'être relevé, parce qu'il ne doit rien au hasard : l'envoi automatisé et la réponse écrite à la main par un agent humain n'y sont pas traités de la même façon, et le second dispose d'une fenêtre distincte de sept jours. La plateforme sait donc parfaitement faire la différence entre un logiciel qui envoie et une personne qui répond. Le fonctionnement de ce délai est détaillé dans notre article sur la fenêtre des vingt-quatre heures.
Mets ces deux documents côte à côte et la frontière se dessine seule. Un outil de scénarios travaille dans une fenêtre qui se compte en heures, parfois en jours, et dont le départ est toujours un geste de ton interlocuteur. Passé ce délai il n'a plus rien à faire, non par manque de fonctionnalités mais parce que la plateforme a refermé la porte. La conversation, elle, reste ouverte dans ta messagerie, avec son nom, sa date et la trace de ce qui s'y est dit.
Le travail d'une boîte de réception augmentée commence précisément là, sur un stock de fils que personne n'a conclus et qu'aucun déclencheur ne réveillera, puisque le déclencheur a eu lieu il y a quatre mois.
Pourquoi l'historique ne s'ajoute pas comme une fonctionnalité
Beaucoup de gens attendent raisonnablement qu'un outil de scénarios finisse par savoir relire le passé, un jour, dans une version suivante. Les documents de Meta disent le contraire, et assez nettement.
L'interface officielle des conversations Instagram rend bien la liste complète des identifiants de messages d'un fil, mais le contenu réel, l'auteur et le destinataire ne sont accessibles que pour les vingt derniers messages. Demander un message plus ancien renvoie une erreur indiquant qu'il a été supprimé. Et le même document porte une limite que presque personne ne cite : les conversations rangées dans le dossier des invitations qui n'ont plus bougé depuis trente jours ne sont plus renvoyées du tout.
Cette dernière phrase touche exactement les gens que tes campagnes font entrer. Une personne qui ne te suivait pas la veille atterrit dans ce dossier, celui dont nous parlons dans pourquoi tes prospects Instagram finissent dans Général. Un mois de silence, et elle sort du champ de vision de l'outil, alors qu'elle est toujours là quand tu ouvres ta messagerie sur ton téléphone.
Un outil qui lit par cette voie ne peut donc pas reprendre ton historique, pour la raison la plus simple du monde : il ne le voit pas. L'accès que Ficiel demande est celui de ton propre compte, le même qui te sert sur ton téléphone, et c'est ce qui lui permet de relire deux ans de conversations sur l'offre Essentiel. Tout se joue donc au point de départ, et aucune mise à jour ne déplace un point de départ.
La zone où les deux se recouvrent
Elle existe, et la passer sous silence serait malhonnête : Ficiel sait désormais répondre en message privé à un commentaire sur Instagram. Quelqu'un commente le mot que tu as choisi, il reçoit le message que tu as préparé, une seule fois par publication même s'il commente dix fois. Le détail de cette mécanique, et surtout ce qu'elle laisse derrière elle, est dans notre article sur les conversations ouvertes par un commentaire.
Si le recouvrement s'arrêtait là, le choix serait tranché. Il ne l'est pas, parce que ManyChat couvre tout un territoire où Ficiel ne va pas : Messenger, les campagnes liées à une boutique, les relances de panier abandonné, la distribution à des audiences très larges. Rien de cela n'attend une correction dans une version future, c'est simplement un autre périmètre.
La décision tient donc à une question unique : ton problème du moment est-il de faire entrer plus de monde, ou de faire quelque chose des gens déjà entrés. Les comptes qui répondent franchement à la première gardent ManyChat et ils ont raison. Ceux qui hésitent ont en général les deux problèmes à la fois, et c'est le cas le plus fréquent.
Faire tourner les deux sans qu'ils se cognent
Le risque ne vient pas de la lecture. Deux outils qui consultent la même messagerie n'entrent pas en conflit, et c'est d'ailleurs la façon raisonnable d'en essayer un second sans rien résilier. L'ennui commence quand les deux ont le droit de répondre seuls : ton prospect reçoit alors deux messages sortis de deux logiques différentes, parfois à quelques minutes d'écart, et il devine sans effort qu'aucun des deux n'a été écrit par toi.
La règle qui évite cela est courte : à chaque moment de la conversation, un seul des deux outils a la main. Le premier message après un commentaire revient à celui qui a lancé la campagne. Les heures suivantes, pendant lesquelles la personne répond, reviennent à celui qui mène la conversation. Le stock des fils arrêtés depuis des semaines n'appartient qu'au second, puisque le premier n'y a plus accès de toute façon. L'ordre des gestes à respecter pendant une période de cohabitation est décrit dans notre article sur les alternatives et ce qui ne se transporte pas.
Le piège le plus fréquent est ailleurs, et il est humain : renvoyer le message automatique en guise de relance, parce que le texte existe déjà et qu'il a l'air de convenir. La personne l'a reçu une fois, son silence valait réponse, et le relire ne lui apprendra rien. Une reprise honnête nomme ce qui s'est passé, y compris le fait que le premier message venait d'une mécanique.
Tu es passé par mon lien automatique en janvier, on a échangé deux messages et puis ça s'est arrêté. Je ne vais pas te renvoyer la même chose : est-ce que le sujet est encore ouvert pour toi ?
Quand la conversation était plus avancée, le contexte existe et il faut s'en servir plutôt que de repartir d'une page blanche. Une question restée sans réponse de ta part est la meilleure porte de sortie, parce qu'elle place l'oubli de ton côté.
Tu me demandais si ça tenait aussi pour une activité comme la tienne, et je ne t'ai jamais donné de vraie réponse. C'est encore un sujet chez toi en ce moment ?
Ce que Ficiel ne remplace pas
Quelques situations rendent le passage à Ficiel inutile, et autant les dire franchement. Un compte dont le métier consiste à envoyer un document ou un code à une audience très large tirera toujours plus d'un outil de scénarios. Un trafic qui arrive par Messenger n'a rien à faire chez nous, puisque le canal n'existe pas. Et quand le produit se vend sans conversation, à prix d'accès faible, l'automatisation complète reste la bonne réponse.
Le relais se justifie à l'inverse quand tes prospects attendent le troisième message pour poser la question qui décide de l'achat, au lieu de cliquer sur un bouton, et quand ta messagerie contient des mois de fils dont tu sais confusément que certains valaient de l'argent. Le prix de ton offre décide du reste : plus il est élevé, moins il faut de conversations retrouvées pour que l'opération tienne debout.
Dans ce cas, le relais se joue sur Instagram, WhatsApp et LinkedIn, avec un compte par canal sur l'offre Essentiel. Kord relit les fils, remonte ceux qui méritent une suite et prépare le message dans ton style, puis tu décides lesquels partent : c'est ce que nous appelons du setting IA avec validation humaine.
FAQ
C'est quoi Ficiel ?
Ficiel est une boîte de réception IA pour coachs et setters : elle ressort les anciennes conversations Instagram, WhatsApp et LinkedIn à relancer, prépare le message, et rien ne part sans validation humaine. Là où un outil de scénarios travaille sur ce qui arrive maintenant, Ficiel part de ce qui est déjà arrivé et s'est arrêté sans conclusion.
Faut-il quitter ManyChat pour utiliser Ficiel ?
Non, et ce serait souvent dommage. Les deux outils occupent des moments différents de la même conversation : l'un la fait naître, l'autre la rouvre quand elle s'est éteinte. La configuration la plus courante consiste à garder la distribution automatique là où elle fonctionne et à confier à autre chose le suivi des fils restés ouverts.
Les deux peuvent-ils écrire au même prospect ?
Oui, et c'est le seul risque sérieux de la cohabitation. Consulter la même messagerie à deux ne gêne personne, alors que deux envois automatiques déclenchés au même moment finissent par se contredire devant le prospect, qui comprend aussitôt que personne ne lui parle vraiment. Décide lequel des deux a la main sur le premier message et lequel a la main sur la suite, et le problème disparaît.
Ficiel fait-il le commentaire vers message privé ?
Oui, sur Instagram. Quelqu'un commente le mot que tu as choisi, il reçoit le message préparé, une seule fois par publication. Pour la distribution à grande échelle, les campagnes liées à une boutique et Messenger, ManyChat reste la référence et Ficiel ne cherche pas ce terrain.
ManyChat peut-il relancer une conversation de quatre mois ?
Non, et la limite ne vient pas de l'outil. Les règles de Meta n'ouvrent une fenêtre d'envoi qu'après un geste de la personne, et l'interface officielle des conversations Instagram ne donne le contenu complet que des vingt derniers messages d'un fil, en cessant même de renvoyer les conversations du dossier des invitations restées inactives trente jours. Un outil branché par cette voie ne voit pas la conversation que tu veux reprendre.
Combien coûtent les deux ensemble ?
Côté Ficiel, l'offre Essentiel est à 117 € par mois après 10 jours d'essai, sans débit pendant l'essai. Côté ManyChat, le montant dépend de ton nombre de contacts actifs et de la grille en vigueur sur ton compte, qui se lit sur sa page tarifs plutôt que dans un comparatif : nous avons renoncé à republier ces chiffres ici, faute d'avoir pu les vérifier à la source le jour où nous écrivons.
Par lequel commencer si je n'utilise aucun des deux ?
Par celui qui travaille sur ce que tu possèdes déjà. Les conversations qui dorment dans ta messagerie ont été payées une fois, en contenu ou en publicité, et les reprendre ne coûte rien de plus, alors que du volume supplémentaire se rachète à chaque campagne. Un compte dont la messagerie est encore vide se trouve dans la situation inverse, et c'est là que les outils de scénarios se justifient d'abord.